La grande contradiction

L1.C02 · Monnaie, finance et limites planétaires · statut : verifie · autorité : canonique · révision de fond : 2026-09-22 · 9 source(s), toutes ouvertes
empreintes enregistrées — éditoriale 57586a8ce20e0b85, métadonnées 35f0a4ea2cfef6df

Ce chapitre établit que les records de richesse financière et les records de destruction écologique progressent ensemble, et il pose comme hypothèse — non comme résultat — que la seconde série n'est pas le prix accidentel de la première mais son moyen : la valeur financière enregistrée serait produite par le transfert hors bilan de coûts physiques réels, et ce transfert serait ce que la comptabilité nomme création de valeur. Le § 2 dit pourquoi rien ici ne permet encore de trancher.

Il en tire deux conséquences, conditionnelles comme elle. Dans un marché concurrentiel, l'acteur qui externalise le plus l'emporterait, ce qui rendrait la sortie individuelle perdante hors des conditions que le § 4 nomme. Et les crises contemporaines formeraient un système de verrous dont aucun ne se lève sans resserrer les autres.

1. Deux séries de records

Toute mesure de richesse financière progresse. Les indices boursiers atteignent des sommets historiques. Le produit mondial brut n'a jamais été aussi élevé — 111 669 milliards de dollars en 2024 [S8]. Le patrimoine cumulé des milliardaires, 18 300 milliards de dollars fin novembre 2025 [S7], dépasse les produits intérieurs bruts de l'Afrique subsaharienne et de l'Amérique latine réunis [S8].

Toute mesure de santé du vivant recule. Les émissions mondiales de gaz à effet de serre, tous gaz confondus, ont atteint 57,7 gigatonnes en équivalent CO2 en 2024, en hausse de 2,3 % sur l'année précédente. [S4] Une trajectoire compatible avec un réchauffement limité à 1,5 °C supposerait qu'elles baissent de 40 % d'ici 2030 par rapport à 2019 ; les politiques actuellement en place conduisent à un réchauffement pouvant atteindre 2,8 °C d'ici la fin du siècle. [S4] Un tiers de la surface forestière mondiale a disparu depuis le milieu du XIXe siècle, principalement au profit de terres agricoles. Les sols s'érodent et les nappes s'épuisent.

En septembre 2025, l'acidification des océans a été évaluée comme septième limite planétaire franchie, portant à sept sur neuf le nombre de limites hors de la zone de sécurité ; seuls l'appauvrissement de la couche d'ozone et la charge en aérosols y demeurent. [S2]

L'état des populations animales appelle une précision de lecture. L'indice Planète vivante fait apparaître un déclin moyen de 73 % depuis 1970. [S3] Cet indice mesure la variation moyenne relative de la taille des populations suivies, et non un décompte d'animaux disparus : il ne dit pas que sept animaux sur dix ont disparu, mais que les populations suivies ont perdu, en moyenne pondérée, près des trois quarts de leurs effectifs. La grandeur est un indicateur de tendance, non un inventaire.

état Cette précision n'affaiblit pas le constat, elle le rend opposable. Un corpus qui reproche au discours dominant de faire dire aux chiffres ce qu'ils ne disent pas ne peut pas se le permettre lui-même.

La question n'est donc pas de savoir si l'on peut prospérer malgré cette dégradation. Elle est de savoir si l'on ne prospère pas par elle.

2. Une progression conjointe, et ce qu'il faudrait pour conclure

Les deux séries progressent ensemble. Le produit mondial, les émissions, la consommation matérielle, l'extraction de ressources et l'endettement vont tous dans le même sens sur un demi-siècle.

Depuis 1970, l'usage mondial de ressources matérielles est passé de 30 à 106 milliards de tonnes, soit une multiplication par trois et demi, à un rythme moyen de 2,3 % par an. [S5] Ce qui est présenté comme une performance — nourrir davantage de personnes, produire davantage de biens — a été obtenu au prix d'une dégradation des écosystèmes dont cette production dépend.

L'expansion des terres agricoles a été le moteur de près de 90 % de la déforestation mondiale entre 2000 et 2018, selon une enquête par télédétection portant sur quelque 35 500 échantillons. [S9] Le périmètre se lit avec le chiffre : la petite agriculture porte 68 % de cette déforestation agricole, la grande 32 %, et la part varie fortement selon les régions. L'agriculture absorbe 72 % des prélèvements mondiaux d'eau douce, devant l'industrie à 16 % et les usages municipaux à 12 % — il s'agit de l'eau extraite des rivières, lacs et nappes, l'eau de pluie des cultures pluviales n'entrant pas dans ce compte. [S6] Un tiers environ des terres cultivées sert à la production d'aliments pour le bétail et de fourrage. [S6] Et le coût annuel de la dégradation des terres pour la biodiversité et les services écosystémiques est estimé à environ 10 % du produit mondial. [S1]

hypothèse Ce coût n'apparaîtrait dans aucun compte de résultat : il serait supporté par la collectivité, non par les acteurs qui en tirent bénéfice. L'estimation appelée en [S1] mesure une perte économique globale ; elle ne dit ni où cette perte est inscrite ni qui la supporte. L'imputation est la lecture du chapitre.

hypothèse Ce n'est pas la croissance en tant que telle qui exige cette dégradation : c'est le mode de financement de l'activité. Ni les besoins humains — sécurité, reconnaissance, lien, sens — ni les cycles écologiques — régénération, équilibre, durée — n'imposent une croissance perpétuelle. Seule une architecture monétaire fondée sur la dette et le rendement ne peut fonctionner sans elle. C'est cette architecture qui est démontée à partir du cinquième chapitre.

état Ce qui précède décrit une progression conjointe, non une causalité. Le mot de corrélation lui-même serait prématuré : plusieurs des séries invoquées ne sont pas encore rapportées à leur source, et une corrélation ne s'établit qu'entre séries dont la mesure, le périmètre et la période sont fixés. Deux lectures restent compatibles avec ces séries : la richesse financière serait produite au moyen de la dégradation, ou les deux grandeurs procéderaient d'une cause commune — par exemple la disponibilité d'énergie abondante et bon marché. Rien dans ce chapitre ne permet de trancher.

état Deux épreuves fourniront les éléments principaux pour l'évaluer, sans nécessairement suffire à trancher : une causalité historique met en jeu plusieurs facteurs concurrents, et les départager demande davantage qu'un chapitre. La première est empirique : si le découplage entre production et empreinte physique était possible et observé, la progression conjointe serait contingente et non structurelle ; le chapitre suivant (L1.C03) examine ce que disent cinquante ans de données. Cette épreuve a été conduite, et son résultat est partiel. L1.C03 § 6 établit sur source ouverte l'absence de découplage absolu à l'échelle mondiale pour 2015-2023, et qu'une revue de 835 études donne des taux de découplage observés insuffisants pour atteindre les réductions requises ; il établit aussi, en sens inverse, des baisses absolues nationales sur 2005-2015, que leurs auteurs bornent eux-mêmes comme s'expliquant en partie par une croissance plus faible. Le découplage relatif y est rapporté sans source établie. La progression conjointe n'est donc pas montrée contingente ; elle n'est pas montrée structurelle non plus. La seconde est mécanique : établir un lien de production suppose d'exhiber le mécanisme par lequel les conditions d'émission de la monnaie orientent l'allocation du crédit ; c'est l'objet des chapitres à partir du cinquième (L1.C05, L1.C07). Tant que ces deux épreuves ne sont pas conduites, la proposition reste une hypothèse de travail.

3. Ce que mesure la valeur créée

Le mécanisme se lit mieux sur un cas que sur un agrégat. Le prêt-à-porter à renouvellement rapide en fournit un.

Un vêtement vendu trois euros et une collection renouvelée toutes les deux semaines supposent une chaîne où la culture de la fibre, la teinture, la confection et le transport sont conduits au coût monétaire le plus bas atteignable. Le travail, l'énergie et les intrants sont rémunérés — partiellement, et à des niveaux qui varient selon le lieu. Ce qui n'entre pas dans le prix, ce sont les dommages : prélèvement d'eau non renouvelée, rejets de teinture dans un milieu, atteintes sanitaires, dégradation d'un sol. Ces coûts existent et sont supportés, mais par d'autres que l'acheteur et le vendeur.

état Ce chapitre ne chiffre pas ces prélèvements. Les ordres de grandeur habituellement cités sur l'empreinte du textile — volume d'eau par vêtement, part des insecticides, part de la pollution des eaux industrielles, émissions du secteur comparées à celles de l'aviation et du transport maritime — proviennent d'une même famille de données de plaidoyer diffusées entre 2009 et 2017, reprises depuis sans retour aux sources et démenties pour plusieurs d'entre elles par la presse professionnelle du secteur. Ils sont écartés jusqu'à établissement sur sources primaires.

état Une seconde question se pose sur la même mesure, et ce chapitre ne la traite pas : une production peut être comptée en valeur ajoutée sans résoudre le problème qu'elle prétend traiter. L1.C16 construit le critère qui distinguerait les deux, et le déclare inapplicable en l'état — il l'appelle un gabarit et énonce qu'il ne rend aucun verdict tant que le problème de référence, le résultat attendu, l'unité, l'horizon, le contrefactuel et les seuils ne sont pas fixés. Le présent chapitre s'en tient donc à l'imputation des dommages, qui ne dépend pas de ce critère.

hypothèse L'argument ne dépend pas de l'ampleur de ces dommages, mais de leur imputation. Trois étapes distinctes doivent ici être séparées, faute de quoi la proposition affirme plus qu'elle ne montre. Un dommage non imputé n'entre pas dans le coût de revient. Un coût de revient plus bas autorise un prix plus bas, ou une marge plus élevée, ou les deux. Et un écart de marge durable entre deux producteurs comparables oriente le crédit et l'investissement vers l'un plutôt que l'autre.

hypothèse L'hypothèse défendue ici porte sur cette troisième étape : à qualité de produit égale, la non-imputation des dommages procurerait un avantage de rentabilité, et cet avantage se transformerait en avantage d'accès au financement. C'est ce dernier passage — de la rentabilité à l'allocation du crédit — qui constitue le cœur de la thèse du livre, et il n'est pas démontré ici : il suppose d'exposer les conditions d'émission de la monnaie, ce que font les chapitres à partir du cinquième.

état La proposition est réfutable en deux endroits. Il suffirait de montrer des secteurs où l'internalisation complète des dommages n'affecte pas la rentabilité relative, ou des marchés où un écart de rentabilité durable n'entraîne pas d'écart d'accès au financement.

hypothèse Ce mécanisme n'est pas propre au textile. Il vaut partout où une activité peut transférer une partie de ses coûts vers un tiers, un territoire ou une période — l'agro-industrie, l'obsolescence programmée, une part des services financiers. C'est ce que ce livre appelle la fausse richesse : une valeur financière dont la contrepartie physique est une dégradation non comptabilisée.

4. Pourquoi la sortie individuelle est perdante

Une objection se présente : si les consommateurs et les entreprises étaient informés, ils changeraient de comportement.

Le raisonnement qui suit est un modèle, non une observation : il isole un mécanisme, et vaut sous les hypothèses qu'il énonce. Considérons une marque appliquant fibre biologique, salaires décents, circuits courts et transport maritime, et vendant son vêtement trente-cinq euros. Face à elle, un concurrent sans ces contraintes vend trois euros, gagne des parts de marché, lève des capitaux et finance sa croissance publicitaire.

hypothèse Sous l'hypothèse d'une demande sensible au prix et d'une information imparfaite sur la qualité, l'issue ne dépend pas de la vertu des acteurs mais de la structure de la compétition : celui qui internalise ses coûts est désavantagé. Le modèle a des limites connues, qui sont autant de contre-épreuves — segments où la disposition à payer est élevée, effets de réputation, réglementation contraignante, marchés où l'internalisation est imposée à tous. La proposition n'est donc pas que toute sortie individuelle est perdante, mais qu'elle l'est en l'absence de ces conditions.

hypothèse Le même mécanisme opérerait entre États. Un pays qui internaliserait seul ses coûts environnementaux verrait ses entreprises se délocaliser, sa balance commerciale se dégrader et son endettement croître.

hypothèse L'appel à la responsabilité individuelle — des consommateurs, des entreprises ou des nations — atteint donc sa limite non par insuffisance morale, mais par construction. Tant que les règles récompensent l'externalisation, l'externalisation gagne.

5. Un système de verrous

Une seconde objection porte sur le périmètre : le textile ne résume pas les difficultés de l'époque, qui comprennent aussi le chômage, l'endettement, l'inflation, les tensions géopolitiques et les limites d'approvisionnement.

Ces crises sont ordinairement traitées comme des dossiers distincts. L'hypothèse avancée ici est qu'elles se contraignent mutuellement. Relancer l'emploi suppose de la croissance, donc de l'extraction et des émissions. Réduire les émissions suppose une contraction de l'activité, donc une baisse des recettes fiscales, une hausse de l'endettement et du chômage. Rembourser la dette suppose de la croissance. Financer la transition par l'impôt suppose une base productive élargie, donc davantage d'extraction pour financer la réparation de ce que l'extraction dégrade.

hypothèse Ces crises formeraient donc un système de verrous plutôt qu'une série de problèmes indépendants : chaque solution partielle resserrerait les autres contraintes. Et ce système aurait un centre — le point par lequel passent l'ensemble des arbitrages — qui ne serait ni technique, ni écologique, ni social, mais monétaire.

état Cet enchaînement est ici raisonné, non documenté. Il appelle des cas établis, où une politique conduite sur l'un de ces fronts a mesurablement dégradé la situation sur un autre. Ces cas sont à produire ; sans eux, la proposition reste une construction logique.

6. Ce que le chapitre établit

état Le chapitre porte sur trois plans, de solidité inégale, et il importe de ne pas les confondre.

état Ce qui est constaté. Les indicateurs de richesse financière et ceux de dégradation écologique progressent conjointement sur un demi-siècle. Plusieurs de ces séries restent à rapporter à leur source ; la progression conjointe est donc décrite, non encore mesurée, et le sens du lien n'est pas établi.

hypothèse Ce qui est supposé. Cette progression conjointe recouvrirait un lien de production : la valeur financière serait obtenue en laissant hors du prix des dommages réels, et la règle comptable récompenserait ce non-report. Deux épreuves permettront de trancher — les données de découplage, puis le mécanisme d'émission monétaire.

hypothèse Ce qui en découlerait. Si cette hypothèse tient, deux conséquences institutionnelles suivent : la concurrence désavantagerait les acteurs qui internalisent leurs coûts, ce qui rendrait la sortie individuelle coûteuse ; et les crises contemporaines se contraindraient mutuellement, ce qui interdirait de les traiter séparément.

norme Ce qui s'en déduit n'est pas que l'économie échouerait, mais qu'elle fonctionnerait conformément à sa conception. Si tel est le cas, ce n'est pas le comportement des acteurs qu'il faut corriger, mais les règles qui déterminent ce qui est rentable.

Le chapitre suivant examine l'objection la plus fréquente à ce constat : le découplage entre production et empreinte physique est-il possible, et que disent les données après cinquante ans de promesse ?

Sources primaires

Chaque source porte l'édition sur laquelle elle a été lue et la date de sa vérification. Une source « ouverte » a été lue dans son texte, pas dans un résumé.

  1. [S1] IPBES, Rapport d'évaluation sur la dégradation et la restauration des terres OUVERT PAR TÉLÉCHARGEMENT DIRECT le 2026-09-15 (https://doi.org/10.5281/zenodo.3237392). Exemplaire c02/S1-ipbes-ldr-full-report-2018.pdf, 748 pages, SHA-256 8A7ABB38980E5570DB10321D060B35812705121E09BAE299DDF09FBE17D2A8DE. Édition : IPBES, The IPBES assessment report on land degradation and restoration, Bonn, 2018, ISBN 978-3-947851-09-6, rapport complet (748 pages). L'énoncé du § 2 y est porté deux fois, dans les messages clés et dans le résumé pour décideurs, sous deux formulations (« in the order of 10% » et « more than 10% ») : le chapitre retient la première, la plus prudente. Passages lus sur le texte : « represents an economic loss in the order of 10% of annual global gross product » (page PDF 6) ; « land degradation costs more than 10% of annual global GDP in lost ecosystem services » (page PDF 9). LA FOURCHETTE DE L'INITIATIVE ELD EST RETROUVÉE le 2026-09-15 dans le même rapport, au chapitre 1 : « Land degradation is a global issue, costing the world an estimated 10-17% of the global Gross Domestic Product annually (ELD Initiative, 2015) » (page PDF 63). CE RAPPORT PORTE DONC TROIS FORMULATIONS DU MÊME COÛT, et il faut le savoir en le citant : « in the order of 10% » dans les messages clés (page PDF 6), « more than 10% » dans le résumé pour décideurs (page PDF 9), et « 10-17% » au chapitre 1, attribué à ELD Initiative, 2015 (page PDF 63). Le chapitre retient la première, la plus prudente des trois, et ne mentionne pas la fourchette. source en ligne
    état de lecture : ouverte, vérifiée le 2026-09-15
  2. [S2] Planetary Boundaries Science Lab (PIK), Planetary Health Check 2025, 24 septembre 2025 OUVERT PAR TÉLÉCHARGEMENT DIRECT le 2026-09-15 (https://www.planetaryhealthcheck.org/wp-content/uploads/PlanetaryHealthCheck2025_ExecutiveSummary.pdf). Exemplaire c02/S2-phc2025-executive-summary.pdf, 13 pages, SHA-256 7267D997563CF5C3E3E09377C1F7249656EFB52697300B04546C10944C712A14. Édition : Planetary Boundaries Science (PBScience), Planetary Health Check 2025, résumé exécutif, Potsdam Institute for Climate Impact Research, 2025, licence CC BY 4.0 (13 pages). Le rapport complet n'est pas ouvert ; le résumé exécutif porte les trois énoncés du § 1 : sept limites franchies, l'acidification des océans franchie pour la première fois, aérosols et ozone dans l'espace de sécurité. Passages lus sur le texte : « seven out of nine planetary boundaries have been breached » (page PDF 3) ; « for the first time, we assess that the planetary boundary for ocean acidification has been transgressed » (page PDF 8) ; « two PB processes remain within the safe operating space: increase in atmospheric aerosol loading (improving global trend) and stratospheric ozone depletion (currently stable) » (page PDF 3). source en ligne
    état de lecture : ouverte, vérifiée le 2026-09-15
  3. [S3] WWF / ZSL, Living Planet Report 2024, Living Planet Index OUVERT PAR TÉLÉCHARGEMENT DIRECT le 2026-09-15 (https://wwflpr.awsassets.panda.org/downloads/2024-living-planet-report-a-system-in-peril.pdf). Exemplaire c02/S3-wwf-lpr2024.pdf, 94 pages, SHA-256 629A7DDFB2546A637EC7DDBD1341EA364E959E61EF4AD4CC1AB930357A923A56. Édition : WWF, Living Planet Report 2024 — A System in Peril, WWF/ZSL, Gland, 2024 (94 pages) ; l'exemplaire servi par le site du rapport le 2026-09-15 porte la même empreinte. La vérification 2 de l'en-tête est soldée par la lecture : période 1970-2020, près de 35 000 séries de populations, 5 495 espèces. La lecture du chapitre — variation moyenne relative, non décompte d'animaux disparus — est conforme au texte. Passages lus sur le texte : « the average size of monitored wildlife populations has shrunk by 73%, as measured by the Living Planet Index » (page PDF 7) ; « almost 35,000 population trends and 5,495 species » (page PDF 7). source en ligne
    état de lecture : ouverte, vérifiée le 2026-09-15
  4. [S5] PNUE, Panel international des ressources, Global Resources Outlook 2024 — Bend the Trend, 1er mars 2024 (usage mondial de ressources matérielles) OUVERT PAR TÉLÉCHARGEMENT DIRECT le 2026-09-15. Exemplaire c02/S5-unep-gro2024-full-report.pdf, 181 pages, SHA-256 D068E5A9DF8BABBE6261DC574EAE3D2842F3C19F5DD61F565F26ADE677E0AFB7. Édition : PNUE, Panel international des ressources, Global Resources Outlook 2024 — Bend the Trend, Nairobi, 2024, ISBN 978-92-807-4128-5, rapport complet (181 pages, pagination imprimée = page PDF − 18). Même passage que L1.C12 [S2], ouvert le 2026-09-14 au folio 18 : le chapitre écrivait « supérieur à 2,3 % par an », la source dit « an average annual growth of 2.3% », corrigé. PRÉCAUTION (reprise des vérifications) : les éditions successives ne donnent pas les mêmes valeurs pour la même année (22 Gt en 1970 dans l'édition 2016, 30 Gt ici) ; ne jamais composer un ratio entre deux éditions. Passages lus sur le texte : « global material extraction surged from 30 billion tonnes in 1970 to 106.6 billion tonnes in 2024, an average annual growth of 2.3% » (p. 18, page PDF 36). source en ligne
    état de lecture : ouverte, vérifiée le 2026-09-15
  5. [S6] FAO, The State of the World's Land and Water Resources for Food and Agriculture 2021. Systems at breaking point, Rome, 2022 — parts sectorielles des prélèvements mondiaux d'eau en 2018, et part des terres cultivées consacrée à l'alimentation animale. L'entrée citait un « Water Data Snapshot 2025 » d'AQUASTAT, jamais obtenu (la FAO a répondu 403 et 401) : il est remplacé par ce rapport, qui porte les mêmes grandeurs et que l'auteur a fourni (D7). SUBSTITUTION APPLIQUÉE le 2026-09-15 (D7, mandat de l'auteur), puis OUVERTE sur l'exemplaire fourni (2026-09-15/c02/candidats/fao-2022-solaw-2021-cb9910en-fourni.pdf, 393 pages, SHA-256 CD5A9B23A56148D336DD03AEEDCB17D421C8188A7849CFA8B74BA049D78C7248). Passages lus : « The State of the World » (page PDF 1) ; « Agriculture continues to be the primary water user at the global level, and accounted for some 2 950 km3 (72 percent) of total water withdrawals » (page PDF 96) ; « Approximately 483 km3 (12 percent) was withdrawn for municipal use and 646 km 3 (16 percent) for industry » (page PDF 96) ; « feed and fodder production taking up roughly one-third of total cropland » (page PDF 58). CORRECTION DU CORPS le 2026-09-15 : il écrivait 72 % pour l'agriculture, 15 % pour l'industrie et 13 % pour les services ; le rapport donne 72 % pour l'agriculture (2 950 km3), 16 % pour l'industrie (646 km3) et 12 % pour les usages municipaux (483 km3) — le chiffre de l'agriculture était exact, les deux autres non, et la troisième catégorie n'est pas celle des services. La page de méthode d'AQUASTAT, acquise le matin, donnait 69 / 12 / 19 sur un autre périmètre ; c'est le rapport qui fait foi ici. D5 PASSÉE À A le 2026-09-15 sur décision de l'auteur, après recherche et comparaison : l'énoncé du paragraphe 2 sur la part des terres consacrée à l'alimentation animale s'adosse désormais à ce rapport, qui l'écrit au mot — « feed and fodder production taking up roughly one-third of total cropland » (page PDF 58). Le corps passe de « un tiers des terres CULTIVABLES sert à l'alimentation animale » à « un tiers environ des terres CULTIVÉES sert à la production d'aliments pour le bétail et de fourrage » : le rapport mesure les terres cultivées, non les terres arables, et les deux notions ne se recouvrent pas. COMPARAISON PORTÉE ICI PLUTÔT QUE TUE : l'estimation la plus citée en sens contraire est celle de Poore et Nemecek, Science, 2018, reprise par Our World in Data, qui répartit les terres cultivées en 50 pour cent pour l'alimentation humaine directe, 38 pour cent pour l'alimentation animale et 12 pour cent pour les usages non alimentaires. Le chiffre du corps est donc le PLUS BAS des deux estimations crédibles, et le mot « environ » n'est pas un ornement. Les deux ne se contredisent pas frontalement — la FAO raisonne sur les terres cultivées totales, la méta-analyse sur un échantillon de 38 700 exploitations dans 119 pays — mais l'écart de cinq points doit être connu de qui cite ce passage. source en ligne
    état de lecture : ouverte, vérifiée le 2026-09-15
  6. [S4] PNUE, Emissions Gap Report 2025 : Off Target, novembre 2025 — total des GES tous gaz, en équivalent CO2 OUVERT PAR TÉLÉCHARGEMENT DIRECT le 2026-09-15. Exemplaire c02/S4-unep-egr2025-full-report.pdf, 76 pages, SHA-256 D5364C4761DF1A88A39B942A982E24C6BFE205AD49FF3ED8B2AF7A728992FF30. Édition : PNUE, Emissions Gap Report 2025: Off Target, Nairobi, novembre 2025, ISBN 978-92-807-4239-8, DOI 10.59117/20.500.11822/48854, rapport complet (76 pages, pagination imprimée = page PDF − 21 dans le corps). Le total de 57,7 GtCO2e et la hausse de 2,3 % sont au résumé exécutif (p. xii) et au § 2.2 (p. 5) ; le « jusqu'à 2,8 °C » des politiques en place est à l'avant-propos (p. xi) — le chapitre écrivait « environ », corrigé ; la baisse de 40 % en 2030 par rapport à 2019 pour les trajectoires à 1,5 °C est au § 4.3 (p. 35), avec sa fourchette 37-52 %. L'avant-propos donne, pour un autre scénario (dépassement limité à 0,3 °C, retour à 1,5 °C en 2100), 26 % en 2030 et 46 % en 2035 : le chapitre cite la première grandeur et pas la seconde. Même document que L1.C12 [S9] et L1.C14 [S7]. Passages lus sur le texte : « global GHG emissions reached 57.7 GtCO » (p. -9, page PDF 12) ; « in 2024, a 2.3 per cent increase from 2023 levels » (p. -9, page PDF 12) ; « based on policies currently in place, the world is heading for up to 2.8 » (p. -10, page PDF 11) ; « a 40 per cent reduction (range: 37 » (p. 35, page PDF 56). source en ligne
    état de lecture : ouverte, vérifiée le 2026-09-15
  7. [S7] Oxfam, Résister au règne des plus riches. Rapport sur les inégalités 2026, janvier 2026, 69 p., et sa note de méthodologie (Oxfam International, Methodology Note, janvier 2026, 21 p.) — le patrimoine cumulé de l'ensemble des milliardaires. ENTRÉE CRÉÉE le 2026-09-16 par application de D1, sur décision explicite de l'auteur du même jour. Aucun matricule n'est réattribué, le numéro suit le dernier existant. L'énoncé du § 1 portait sur « les cent premières fortunes », dont le classement est payant et clos par l'auteur ; il porte désormais sur TOUS les milliardaires, chiffre cité et non calculé. OUVERTE PAR TÉLÉCHARGEMENT DIRECT le 2026-09-16 sur les fichiers servis par Oxfam France : rapport 2026-09-16/c02/candidats/D1-oxfam-2026-rapport-resister-au-regne-des-plus-riches.pdf (69 pages, SHA-256 B2B92345245D0BC7E7689A959880F81893F85E8DECA449A530FA8776BEFD99C1) ; note de méthodologie 2026-09-16/c02/candidats/D1-oxfam-2026-oxfam-methodology-note-pdf.pdf (SHA-256 721BFE482334DF76950439DCD1F11DEEDBD03060D3B2340C5D6889CA13C03A31). Passages lus : « Pour la première fois, le monde compte plus de 3 000 milliardaires, dont la fortune cumulée a atteint les 18 300 milliards de dollars fin novembre 2025, un record absolu. C'est 2 500 milliards de dollars de plus que l'année dernière » (rapport, page PDF 18) ; « Between 30 November 2024 and 30 November 2025, billionaires' wealth increased from US$15.7 trillion (adjusted for inflation) to US$18.3 trillion; this is an increase of US$2.5 trillion or 16.2% » (note de méthodologie). CE QUE LA SOURCE NE PORTE PAS : la répartition par pays ou par continent ; la comparaison avec les produits régionaux est faite sur [S8]. Le classement Forbes en temps réel est la donnée sous-jacente d'Oxfam, non ouverte ici. source en ligne
    état de lecture : ouverte, vérifiée le 2026-09-16
  8. [S8] Banque mondiale, indicateur NY.GDP.MKTP.CD (PIB en dollars courants), monde et agrégats régionaux, année 2024, interface publique de données — le produit mondial et les produits régionaux. ENTRÉE CRÉÉE le 2026-09-16 par application de D2 (produit mondial) et D1 (comparaison régionale), sur décision explicite de l'auteur du même jour. Aucun matricule n'est réattribué, le numéro suit le dernier existant. OUVERTE PAR TÉLÉCHARGEMENT DIRECT le 2026-09-16 (monde) et le 2026-09-15 (régions), réponses JSON de l'interface api.worldbank.org, exemplaires 2026-09-16/c02/candidats/D2-banque-mondiale-pib-monde-2024.json (SHA-256 8006F4119BA3EEFCF47DE52911F908E9BFC3630A37B61DA284F073A7A0727543) et 2026-09-15/c02/candidats/bm-pib-regions.json (SHA-256 1AEDB4965B89E9584BBC19E91435ABCAB959A8E37D8FD12F6CEAC6321346A23A). Valeurs lues : monde 2024, 111 669 milliards de dollars ; Afrique subsaharienne 2024, 1 990 ; Amérique latine et Caraïbes 2024, 7 089. Les agrégats régionaux de la Banque ne sont pas des continents au sens géographique ; le corps nomme les deux agrégats employés. CE QUE CETTE SOURCE NE PORTE PAS : les indices boursiers, qui restent sans source et sont déclarés rapportés. source en ligne
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  9. [S9] FAO, How much do large-scale and small-scale farming contribute to global deforestation?, Rome, 2022 — part de la déforestation mondiale imputée à l'expansion des terres agricoles sur 2000-2018. OUVERT PAR LECTURE DIRECTE le 2026-09-21 sur l'exemplaire fourni par l'auteur le 2026-09-15 (2026-09-15/c02/candidats/fao-deforestation-cc5723en.pdf, 60 pages, 5 229 170 octets, SHA-256 1264A1259BDF582C3A37790F0FCADD149C335628AAB00D229CD6BB6931E3C36E ; couche de texte présente, 118 945 caractères extractibles ; contrôles positif et négatif passés). Passages lus sur le texte, résumé exécutif, page PDF 12 : « the survey showed that the impact of agricultural expansion on forests over the period 2000-2018 has been greater than previously thought, driving almost 90 percent of deforestation » ; « most of the forest conversion to cropland and grassland occurred in the context of small-scale farming, which accounted for 68 percent of agriculture-driven deforestation — 40 percent for cropland and 28 percent for livestock grazing ». Méthode déclarée, page PDF 13 : réexamen visuel des échantillons de l'enquête par télédétection de l'évaluation des ressources forestières mondiales 2020, environ 35 500 échantillons où la forêt a été convertie en terres cultivées ou en prairies. CE QUE LA PIÈCE DIT CONTRE L'USAGE QUI EN EST FAIT : elle impute 68 % de la déforestation agricole à la PETITE agriculture et non à l'agro-industrie, jusqu'à 97 % en Afrique, ce qui contredit une lecture qui rapporterait ce chiffre aux seuls acteurs capables d'externaliser à grande échelle ; elle porte sur l'EXPANSION des terres agricoles et non sur l'agriculture en général ; et elle borne son résultat à 2000-2018. Pages non lues : le corps de l'étude hors résumé exécutif et note de méthode, pages PDF 14 à 60.
    état de lecture : ouverte, vérifiée le 2026-09-21