Un cadre monétaire international où la création de monnaie n'est plus indexée sur la dette, mais sur la régénération mesurable du vivant — sols, forêts, eaux, cycles biogéochimiques, communs.
Notre système monétaire actuel repose sur un mécanisme aussi simple que dévastateur. Les banques commerciales créent la monnaie ex nihilo, en contrepartie d'une dette. Cette dette impose mécaniquement à chaque acteur économique une contrainte de rentabilité immédiate — donc d'extraction.
Conclusion : il est quasiment impossible d'être rentable sans être extractif ou dégénératif.
Conclusion : réussir économiquement et écologiquement devient enfin possible.
Ce ne sont pas trois objectifs juxtaposés, mais trois conditions interdépendantes d'un même équilibre — biosphérique, social, monétaire.
Préserver les capacités de charge des écosystèmes — sols, eaux, atmosphère, biodiversité. Ce qui est régénéré aujourd'hui produit les conditions de toutes les économies futures. Sans ce socle, plus rien ne tient.
Cesser de transférer aux générations futures la dette écologique de nos confort présents. Une économie de l'équilibre rétablit la symétrie temporelle entre celles et ceux qui prélèvent et celles et ceux qui hériteront du résultat.
Reprendre démocratiquement le contrôle de la création monétaire — aujourd'hui privée à 90 %. Une monnaie qui sert le vivant exige des institutions publiques orientées vers la durabilité, et non des banques optimisant le profit.
NEMO IMS n'est pas qu'une intuition philosophique : c'est un système macroprudentiel doté d'instruments concrets, articulés entre eux.
Inspirés des Droits de Tirage Spéciaux du FMI, mais entièrement dédiés au financement d'activités régénératives certifiées : reforestation, dépollution, restauration des sols, protection de la biodiversité, sobriété énergétique. Émis sans dette, conditionnés à la réalisation d'objectifs vérifiables.
Chaque transaction supporte un taux de destruction monétaire variable selon son impact. 0,5 à 1 % pour les activités régénératives. Jusqu'à 20 % ou davantage pour les activités nuisibles. Une TVA écologique au cœur de la monnaie elle-même.
Une instance mondiale de gouvernance des communs planétaires. Définit collectivement les labels d'activités régénératives, les taux de fonte, les ratios de robustesse — selon un principe coopératif et non hégémonique.
NEMO IMS n'attend pas un grand soir. Trois scénarios d'avènement coexistent, et peuvent se renforcer mutuellement.
Réforme des grandes institutions internationales (FMI, BIS, ONU) : élargissement du rôle des DTS, intégration de critères de robustesse écosystémique, refonte des mandats des banques centrales. Voie la plus lente, mais la plus globale.
Un noyau dur d'États (européens, latino-américains, africains) crée entre eux un espace monétaire expérimental fondé sur les principes NEMO IMS. C'est exactement la dynamique qui a présidé à la naissance de la zone euro. L'îlot devient continent — et le continent finit par changer les règles du jeu mondial.
Mouvements politiques, partis verts radicaux, organisations citoyennes portent la réforme monétaire écologique au cœur du débat public. La pression rend visible et négociable ce qui était jusqu'alors impensable. Ce n'est pas le désespoir qui mène au changement. C'est la colère lucide de ceux qui ont compris, couplée à la vision de ceux qui proposent.
Pour aller plus loin
L'Économie de l'Équilibre détaille l'architecture complète de NEMO IMS : ses fondements théoriques, ses institutions, ses outils macroprudentiels et les chemins possibles de son avènement.